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Appropiation sociale et l’institution du commun. Pierre Dardot.

Séminaire Appropriations sociale, autogestion, coopérative…

27.02/2013

Participants : Pierre Dardot

La vidéo : 46min59

Pierre Dardot a rappelé l’existence d’un séminaire qui s’est tenu durant deux ans sur le thème « du public au commun » (dupublicaucommun.com) avec diverses personnes telles que Tony Negri et Christian Laval. Après avoir affirmé qu’il y a un rapport direct entre l’autogestion, les coopératives et les communs, Pierre Dardot est revenu sur l’origine latine du terme commun : com (avec) et munnus qui signifie à la fois, tâche, obligation, activité et devoir.

Après avoir émis quelques réserves sur l’analogie faite entre les communs historiques (les terres communes en Angleterre) et les communs de la connaissance, Pierre Dardot note la résurgence du terme concomitamment à l’émergence du néolibéralisme à partir des années 1970-1980 avec la place importante que prendra la concurrence basée sur l’innovation. L’Etat est alors amené à créer des règles qui servent le privé, à travailler sous forme de Partenariat Public Privé, à intérioriser les normes du droit privé dans son fonctionnement. C’est le cas des lois sur la propriété intellectuelle inscrites dans les fondements de l’OMC.

Face à cela, la mobilisation des citoyens pousse à la formation de commun. C’est le cas des semences et de l’eau. A cet égard, Pierre Dardot compare les remunicipalisations de l’eau entre Naples et Paris. Dans le premier cas, celle-ci s’inscrit dans un contexte de luttes alors que la remunicipalisation de l’eau à Paris s’est faite par le haut. L’une a produit du commun, l’autre pas, ce qui a une incidence notable sur les structures de décision.

C’est ainsi que, reniant de fait des années de culture politique, il estime qu’il y a primauté du commun sur la propriété. Faisant référence à la pensée de Marx des années 1842, il constate que le commun naît de l’activité, ce qui nous amène à transposer ce concept de l’eau et des semences à l’autogestion et aux coopératives. Il note à cet égard qu’il y a deux façons de parler autogestion. L’une qui interdit à ceux qui gèrent de participer directement à l’élaboration des règles et une autre qui consiste à parler de l’autogestion en mettant l’accent sur l’élaboration collective des règles. C’est cette deuxième orientation qui fait qu’on touche à la question du commun basée sur la co-activité.

Il conclut son exposé sur quatre points :

Le rejet de la notion de bien commun pour lui préférer celle de commun au singulier et en tant que substantif ;

Aucun bien ne relève du commun par sa nature mais par des pratiques collectives ;

Ces pratiques sont productrices de nouvelles règles de droit ;

On en doit pas hésiter à assumer la dimension de conflictualité qui préside à la constitution du commun.

Sources :

Association autogestion www.autogestion.asso.fr/?p=2970